aventures_roi_pausoleLes aventures du roi Pausole*** Pierre Louÿs (Flammarion, 200 pages environ)

 Pausole est un roi paisible vivant au cœur d’un harem de 366 femmes qu’il satisfait équitablement au rythme d’une par jour. Il est amené à quitter son palais pour partir à la rechercher de sa fille, fraîchement enlevée par une belle danseuse.

 Eloge de la sensualité et du plaisir, ce conte subversif et érotique dégage une grande gaité, une gourmandise et une joie de vivre pleine de charme. 

  aphrodite

 Aphrodite** * Pierre Louÿs (Albin Michel 261 p)

 Chrysis, femme magnifique, mène dans la Grèce antique une vie de courtisane librement choisie.  Le beau Démétrios, l’amant de la reine, s’éprend d’elle. Mais elle réclame pour prix de ses faveurs un lourd tribut : trois crimes pour lui prouver son amour.

Moins léger que Les aventures du roi Pausole, cette très belle histoire de deux désirs qui se croisent interroge sur les sources du désir et de l’amour. Ces deux romans méritent d’être salués pour leur sensualité débarrassée de tout héritage judéo-chrétien. Pierre Louÿs n’est pas un auteur nous montrant le vice afin de conclure hypocritement par une morale pleine de vertu. Ses personnages ne cherchent ni excuses, ni justifications, ils suivent leur chemin avec l’ardeur de ceux qui l’ont librement choisi. Il revient ainsi aux sources de l’amour païen dans une sexualité décomplexée, joyeuse et pleine de vie.  Je déconseille fortement par contre « Les trois filles de leur mère » du même auteur, franchement vulgaire.

 

  La vie sexuelle de Catherine M**, Catherine Millet (Seuil)

vie_sexuelle_catherineCatherine Millet, directrice  de la revue d’art Art Press, très connue du milieu parisien, fait son « coming out » en racontant l’ensemble de ses expériences sexuelles, en 4 chapitres thématiques.

 Grand succès littéraire et énorme coup médiatique de 2001, ce livre est le surprenant l’autoportrait d’une femme  libre, parfaitement dépourvue de tabous.  Des aventures multiples et variées émaillent le livre, surprenantes, drôles, pathétiques. Elles dessinent la vie d’une femme qui a toujours laissé libre cours à ses envies et à l’impulsion du moment.  

 Si les deux/trois premiers chapitres se lisent très bien, le récit tourne ensuite un peu en rond et finit par lasser. Malgré la précision des scènes et la qualité d’écriture, on s’interroge sur ce qui pousse Catherine Millet à multiplier tant  les partenaires, que cherche-t-elle véritablement ? Le sait-elle elle-même ? On finit un peu perplexe.

 Malgré ces quelques critiques, reste un livre unique, courageux et rafraîchissant.

 Pas d’extrait : je l’ai prêté et il n’est jamais revenu…

  

L’histoire de l’œuf***, Georges Bataille

 Ne soyez pas surpris si votre libraire vous regarde de travers lorsque vous le chercherez dans les rayons : c’est un livre hors normes, un véritable ovni. Histoire d’une rencontre imprévue entre deux jeunes gens partageant le même univers sexuel, les mêmes types de fantasmes, et qui vont pouvoir les vivre ensemble à deux cents pour cent. Ce livre pourrait s’apparenter au film japonais « L’empire des sens » malgré des délires sexuels différents et plus trashs globalement,  (les deux œuvres cumulées, on a fait un bon tour du réalisable, à mon avis….).

 Impressionnant, c’est le premier mot qui me vient à l’esprit en y repensant, on se laisse emporter jusqu’au bout (si on a réussi à y rentrer, âmes sensibles s’abstenir). La fin est malheureusement gâchée par le dernier chapitre dans lequel l’auteur explique les ressorts narratifs de l’histoire et le pourquoi de l’œuvre. Quand on a l’audace d’écrire une œuvre aussi décalée, pourquoi se justifier, franchement ?

Je le déconseille à toute personne qui n’a pas atteint une petite trentaine, je ne pense pas que l’on puisse accrocher véritablement avant.

 Pas d’extrait : je l’ai prêté et il n’est jamais revenu lui non plus…

  

Contes de la Folie ordinaire*, Charles Bukoswski ( Livre de Poche)

contes_folies_ordinairesDépravé, alcoolique, bagarreur, prêt à baiser son meilleur ami  s’il tombait par hasard dans son lit, Bukoswki est la version américaine trash de notre « Gros Dégeulasse » national (Reiser). La principale différence : Charles Bukoswski  existe. L’auteur alterne de courts récits de fiction avec des épisodes autobiographiques dans lesquels il paraitrait presque sympathique à force de défauts.  Affligeants, consternants, parfois franchement drôles, toujours édifiants, ces contes ne laissent pas insensible.

 Une mention spéciale à la nouvelle dans laquelle l’héroïne transforme son conjoint en godemiché.