09 janvier 2014

L’alliance T1**, James Michener (Points, 821 p)

l_allianceDu déclin de la cité de Zimbabwe (XVème) jusqu’en 1840 environ, James Michener refait revivre sous une forme romanesque les différentes ethnies de l’Afrique du Sud.  Il retrace les différentes vagues d’immigration, les mouvements de populations et les conflits qui ont dessiné le pays actuel en s’intéressant plus particulièrement aux Boers et aux Trekboers, ces intrépides fermiers hollandais situés aux frontières.

Le style agréable allié à une connaissance très pointue de l’histoire du pays (on peut regretter par contre l’absence de citation des sources) donnent au livre tout son intérêt. Le point faible se situe plus dans le choix de narration : étalée sur plusieurs siècles, elle force l’auteur à changer de personnages tous les chapitres. Si certains sont passionnants, d’autres paraissent longuets, en particulier ceux concernant la vie des boers sédentaires, hommes rudes et illettrés dont le quotidien monotone crée un passage à vide  important dans le centre de l’ouvrage.  

Les deux cent dernières pages, captivantes, annoncent les prémices de la « Guerre des Boers ».

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30 décembre 2013

Dans le silence du vent*, Louise Erdrich (Albin Michel, 462p)

Si ce livre apporte un éclairage intéressant sur la vie indienne et les carences de la justice dans les réserves américaines, il souffre d’un cruel manque de rythme. Les descriptions sans intérêt abondent, tous les repas pris par le héros sont détaillés inutilement (son oncle lui met trois feuilles de laitue Iceberg dans son sandwich…) et, plus gênant, l’élégance de style qui faisait le charme de « La Chorale des Maîtres bouchers » a disparu, au point qu’on pourrait le croire écrit par un autre auteur. 

On peut regretter que la forme ne suive pas plus le fond dans ce plaidoyer pour une meilleure justice pour les femmes indiennes, dont plus d’un tiers sera violé par des non-indiens, et ce, le plus souvent sans possibilité de recours légal du fait de l’imbroglio des lois les concernant. 

Une déception à la hauteur des espérances que je plaçais dans cet auteur.

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10 décembre 2013

Chamelle**** de Marc Durin-Valois (Livre de poche, 185 p)

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Court, magnifique, poignant.

Une fable cruelle dont on ne ressort pas indemne.

 

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17 novembre 2013

Robe de marié*** Pierre Lemaitre (Livre de Poche, 314 p)

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Ce bon polar au scénario original a très visiblement inspiré Karine Giebbels (critique du mois dernier : « Juste une ombre »). La ressemblance est confondante dans la première moitié du livre : style de personnage, mobiles, méthodes,  un vrai duplicata !   

Comme c’est vilain de copier sur ses petits camarades !!!  Giebbels veut-elle nous faire croire qu’elle n’a pas lu cet auteur policier réputé, aujourd’hui titulaire du Goncourt, et qu’elle a écrit un livre aussi proche par pur hasard ? 

Alors entre l’original et sa pâle copie, n’ayez aucune hésitation : vous trouverez dans cet ouvrage une qualité de style et une rigueur d’’intrigue que Giebbels est parfaitement incapable de produire. Je la raye d’ailleurs définitivement de ma liste d’auteurs à lire.

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01 novembre 2013

Le cœur cousu, Carole Martinez (Folio 440 p)

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Fantasque, excessif, baroque, ce livre emprunte la forme du rêve.

Sentiment de réalité constamment troublé par une légère démesure de l’écriture. Excentricités et bizarreries font semblant de s’intégrer à l’ordre naturel de la vie de ce petit village, donnant au lecteur un sentiment permanent d'étrangeté.

Peut-on si facilement partager le rêve d’un autre ? Ce ne fut pas mon cas, réveil et abandon en page 108.

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29 octobre 2013

« Voleurs »***Christopher Cook (éd Payots Rivages/noir, 548 p)

 

voleurs

Les 470 premières pages de ce road-movie bien construit se tirent une balle en trois malheureuses petites pages, un vrai suicide collectif ! Imaginez, dans la scène finale de « No Country for old men », que les frères Coen fasse raconter au tueur sa petite enfance, et que sa future victime se mette subitement à faire le ménage. Vous auriez alors une idée précise de ma stupéfaction.

 Malgré cet accroc, je n’ai aucun doute sur le fait que nous entendrons à nouveau parler de cet auteur qui se place dès son premier livre dans la cour des grands. Précision des scènes, épaisseur des personnages, ambiance moite et étouffante des marais cajuns, nous voici d'entrée un bon cran au-dessus d’ Ellory, et de mon point de vue, c’est plutôt une bonne nouvelle. 

Auteur à suivre.

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24 septembre 2013

Le chemin des âmes***, Joseph Boyden (Albin Michel,390 p)

chemin_des__mesCurieux hasard que de découvrir, à la suite de « La chorale des maîtres-bouchers » dont le récit débutait lors du retour d’un tireur d’élite allemand de la guerre 14-18, le quotidien de cette même guerre pour deux jeunes guerriers Cree, tireurs d’élites dans le camp opposé (canadien).

Si la qualité d’écriture est assez nettement inférieure à celle, éblouissante, de Louise Erdrich, il réussit là où l’autre avait échoué. Il éveille, malgré quelques scènes répétitives, des émotions fortes. De la disparition inéluctable de la culture indienne, au gré des chapitres situés au Canada, à la lente dissolution des esprits dans la boucherie quotidienne des combats, tout est parfaitement restitué.

Beau roman, âpre et touchant.

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11 septembre 2013

La chorale des maîtres bouchers***, Louise Erdrich (Livre de poche 568p)

chorale_maitres_bouchersCette très belle écriture happe immédiatement et fait traverser sans à-coups toute la période d’entre-deux guerres dans une petite ville des grandes plaines américaines. Sans être lisse, cet entremêlement de vies souffre pourtant d’un léger manque de rythme, peine à éveiller pleinement nos émotions. On finit par se demander où tout cela nous emmène.

Ce livre rentre pour moi dans même catégorie que  « Le déclin de l’Empire Whiting » : force d’évocation, belle écriture, densité des personnages. Pour l’un comme pour l’autre, malheureusement, l’absence d’implication du narrateur dans sa propre vie freine l’empathie du lecteur.   

Réservé aux bons lecteurs et aux amateurs d’ambiances américaines. (Une étoile de plus que prévu pour l'indéniable qualité de style).

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29 août 2013

Une odeur de Gingembre**, Oswald Wynd (Folio 474p)

odeur_de_gingembreCe journal d’une jeune écossaise qui part en Chine pour épouser un anglais qu’elle connait à peine dégage un parfum d’exotisme très plaisant.

Découverte simultanée du pays, de la vie maritale, et de la complexité des relations sociales dans ces communautés fermées d’expatriés.  Rappel bienvenu pour les lecteurs d’une époque où les jeunes filles ne quittaient la tutelle de leurs parents que pour tomber sous le joug marital. Ce récit de voyage se poursuit jusqu’au Japon.

Le destin de cette femme de caractère du début 20ème siècle, vivant dans un monde entièrement écrit et dominé par les hommes, laisse une saveur douce-amère.

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Le facteur sonne toujours deux fois, James M. Cain (Folio Policier, 152 p)

facteur_sonne_deux_foisUne intrigue banale, des personnages pitoyables, comment ce policier a t-il pu devenir un classique ?

J’ai fini le livre sans pouvoir répondre à cette question.

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