07 juillet 2014

Le passage*, Justin CRONIN (Pocket, 1264 p)

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L’armée américaine met au point un virus mutant pour créer une nouvelle arme humaine, mixte entre vampire et zombie. Le virus se répand, décime l’espèce humaine, et nous voici plongés dans un récit post- apocalyptique, dans lequel une mystérieuse jeune fille vient « sauver » l’humanité. (Je n’ai pas de scrupules à raconter l’histoire, elle est en 4ème  de couverture).

Avec ce scénario de film d’ados, il est difficile d’intéresser le lecteur 1200 pages. Pourtant la première partie pré-apocalyptique se lit bien, la qualité d’écriture n’y étant pas étrangère.  La suite se traîne péniblement (960 pages tout de même). Trop de personnages,  manque de direction évident ; le récit part dans tous les sens et n'emmène nul part. Ou peut-être simplement au deuxième tome ?

Tout cela pour ça ! ou beaucoup de pages pour rien...

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29 mai 2014

Les déferlantes, Claudie Gallay

Je n’ai pas eu la patience de dépasser la 60ème page tant les clichés abondent. L’auteur a visiblement décidé de faire passer la Hague pour un ramassis d’arriérés, de marginaux et de péquenots. On a même droit à la maison hantée, tout y est !

Les descriptions marines, qui se veulent poétiques, sont pathétiques (j’ai fini par regretter Susan Fletcher avec laquelle je m’étais pourtant bien ennuyée), et on peut se demander si l’auteur a véritablement visité la région tant la beauté des lieux est mal rendue. 

Si vous voulez vous imprégner de l’atmosphère du Cotentin je vous conseille plutôt les superbes livres des Editions Big Red One, aux photos magnifiques : « Lumières Marines du Cotentin » ou bien « Vol au-dessus du littoral du Cotentin ». 

A oublier.

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Retour au pays, Rose Tremain (j'ai lu, 570 pages)

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Le thème intéressant (les premiers mois de l’intégration d’un immigré à Londres) ne compense ni les longueurs du récit, ni le choix du héros, personnage mal dégrossi et peu attachant.

Evitable.

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10 mai 2014

La cuisinière d’Himmler****, Franz Olivier Giesbert (Gallimard, 369 p)

Que les amateurs d’histoire passent leur chemin, ce personnage de mamy centenaire qui retrace sa traversée du XXème siècle (dans un esprit proche du livre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, d’ailleurs cité dans les sources) est aussi passionnant qu’improbable. 

Vrai coup de cœur pour cette femme haute en couleur, pragmatique, à la force de vie inépuisable. Si ce récit n’est en rien biographique, et même parfois tiré par les cheveux, il forme un hommage à tous ceux qui ont traversé la grande boucherie que fut ce siècle, qui ont su s’en relever, et ont eu la force de croire que la vie était toujours devant eux. 

Une belle surprise. Très appréciable également : la citation des sources à la fin de l’ouvrage ainsi que les recettes de cuisine.

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02 mai 2014

La mort du Roi Tsongor***, Laurent Gaudé (livre de poche, 219 p)

mort_roi_tsongorTsongor, grand souverain africain, dirige un royaume conquis après de longues années de guerre. La veille du mariage de sa fille, un ami d’enfance de celle-ci surgit pour exiger sa main. Le roi doit trancher entre les deux prétendants. 

Ce roman théâtralisé, aux phrases courtes et hachées, emprunte sans scrupules à tous les horizons (histoire d’Hérode, guerre de Troie, jardins de Babylone, armée enterrée, amazones) pour créer un conte à portée universelle sur la conquête et la guerre. 

Le style, tout comme cette prétention à l’universalité, pourra irriter légitimement certains lecteurs. Pour moi cela a fonctionné, j’ai beaucoup aimé. 

Cette fable africaine m’a remémorée les rois Zoulous Shaka et Digane (cf l’Alliance de Michener). Rythmée par d’incessantes batailles, elle forme une réflexion sur le pouvoir et sur le sacrifice, sur la honte et la rédemption, sur l'exil. Elle n’enjolive pas les héros. En renvoyant tous les personnages à leur nature profonde, à leur propre bestialité, elle offre une représentation réussie de l’aspect barbare de l'humanité toute entière. 

Beaucoup de talent et une belle réussite. 

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Les saisons de la nuit***, Colum Mc Cann (Coll 10/18, 320 p)

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Des « gadouilleux » qui ont construit les souterrains du métro aux bâtisseurs de gratte-ciel, l’histoire de cette famille d’ouvriers afro-américains reprise sur trois générations livre tout un pan de l’histoire de new-York. Les méandres de la ville, ses souterrains, ses exclus ; la forte ségrégation raciale, la vie difficile des couples mixtes.

Toute la force de  la littérature américaine condensée en 300 pages : pur, dur, bien écrit.

Un roman social ; un beau roman tout simplement.

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24 avril 2014

 Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous)  qui le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver un bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime. Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ».

Eloge de la fuite, Henri Laborit

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La fin des hommes : Les grandes familles**, Maurice Druon (Le Livre de poche, 446 p)

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La veuve éplorée, le lettré arriviste, le banquier sans cœur et sans scrupules, le courageux capitaine, le curé charismatique, toute cette galerie de personnage n’est malheureusement qu’à un pas de la caricature. Le summum étant atteint par ce brave Lulu, roturier de la famille, milliardaire impuissant et amateur de petites poules, qui a réussit à m’évoquer un personnage de Catherine Pancol. 

Reste une peinture caustique et réussie de la France politique et financière de l’entre-deux guerres et une deuxième partie d’ouvrage qui, ayant enfin trouvé enfin son rythme, nous livre une intrigue aux airs de tragédie grecque. 

Bilan très mitigé au final.

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15 avril 2014

Les heures**, Michael Cunningham, (Pocket, 222 p)

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Il faut certainement connaître l’œuvre de Virginia Wolf, et en particulier Mme Dalloway, pour apprécier toutes les subtilités de ce roman-hommage.

Ce n’est pas mon cas, pourtant la structure maîtrisée du récit et la finesse des descriptions des héroïnes  (Virginia Wolf, Mme Dalloway l’héroïne de son livre et Laura  la lectrice de son roman) m’ont imposé le respect.

Difficile cependant de ressentir un véritable élan pour ces trois femmes,  prisonnières de leur mal-être,  perdues dans leurs réflexions sur la mort et le rapport au temps.

Peut-être n'y a-t-il rien, jamais, qui puisse égaler le souvenir d'avoir été jeunes ensemble. Peut-être est-ce aussi simple que cela.

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03 avril 2014

Demain une oasis***, Ayerdhal (Au diable Vauvert, 245 p, Grand prix de l’imaginaire 1993)

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Plus que de la SF, ce texte est une extrapolation du devenir de l’Afrique dans le cadre du réchauffement climatique que ce continent subit en première ligne ;  un pamphlet virulent contre la bonne conscience des Etats du Nord, capables de dépenser des milliards dans des technologies inutiles quand si peu d’argent, comparativement,  suffirait à rendre certains endroits du globe vivables.

Animé d’une colère légitime, Ayerdhal justifie clairement le terrorisme humanitaire et laisse peu de place à la discussion. Cet aspect engagé et quelque peu maladroit pourra hérisser le poil de certains lecteurs. Cependant un des buts du livre est atteint : attirer l’attention sur notre avenir commun. 

Oui, nous aurons demain le monde que nous avons mérité et c’est tout simplement effrayant quand on s’y penche de plus près ;  voilà ce qu’il vient nous rappeler.

 « C’est dans ces moments que je vous maudis tous, pas parce que vous n’avez jamais levé un doigt,  mais parce que le désert n’existe que de votre luxe et de votre puissance. »

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