20 avril 2016

La tendresse des loups **** Stef Penney (10/18, 600p)

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Vrai coup de cœur pour ce beau roman axé sur le thème de la quête.  

La densité des personnages, en particulier celui de la narratrice principale Mme Ross, crée un fil conducteur fort qui permet à l’auteur de dérouler 300 pages de poursuite dans les plaines glacées du Canada sans accroc. Il est impossible de quitter ce livre au rythme pourtant assez lent tant on souhaite voir les personnages aboutir dans leurs recherches.

Car tous recherchent quelque chose : le meurtrier qui les a jetés sur les pistes enneigées, les enfants disparus, l’os énigmatique, l’amour de leurs proches ou les raisons de leur désaffection, le sentiment de justice…

Policier, roman d’aventure, récit initiatique ? Un livre inclassable et prenant. Une très belle découverte ! 

PS :  très peu de loups dans cette histoire, pour les amateurs choississez plutôt "Un loup est un loup" de Michel Folco

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Adichie Américanah***, Chimamanda Ngozi (Gallimard, 523p)

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Très belle plume pour ce premier roman dont j’ai supposé (à tort) qu’il se déroulait principalement au Nigéria. Si les passages nigérians comme les personnages principaux m’ont enchanté, je suis passée un peu à côté de la partie américaine très fortement orientée sur les problèmes de racisme et de discrimination.

D’un récit léger et dépaysant (la vie nigériane), l’œuvre passe à une réflexion poussée sur le thème de la race et sur les rapports noirs/blancs aux USA. La race existe-t-elle ? se demande l’héroïne qui lit l’ensemble de ses expériences américaines au travers du filtre de sa couleur de peau.

Est-ce une question intéressante ? peut-on se demander au bout de 200 pages consacrées à ce thème. Ne sommes-nous pas toujours l’étranger de quelqu’un d’autre ?

La culture, le milieu social, l’accent, l’absence de référent culturel commun ne sont-ils pas des freins aussi puissants à l’intégration ? N’est-il pas logique de se heurter à tous les problèmes qu’elle décrit dès lors que l’on choisit de quitter définitivement son milieu d’origine pour traverser la moitié de la terre ?

Bref, un roman qui questionne. Un éclairage intéressant sur la perception de sa propre négritude et une romance très plaisante.

Premier livre convaincant. 

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Avril enchanté* Elizabeth Von Arnim (10/18, 367 p)

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Sous la pluie londonienne, deux jeunes femmes se laissent séduire par une annonce : « Particulier loue petit château médiéval meublé au bord de la Méditerranée ».

Après un démarrage prometteur qui laisse rêver d’émancipation féminine en ce début XXème, le récit retombe comme un soufflé, enlisé dans les querelles de préséance, rancœurs sur l’usage d’un bout de balcon ou d’un salon et toutes ces petites vexations propres aux femmes lorsqu’elles se retrouvent entre elles.

Dommage vraiment que l’auteure n’ait pu se donner la liberté d’imaginer une entente plus cordiale entre ces quatre femmes, certes d’origines sociales très différentes, mais toutes avides d’une liberté plus grande.  

Le final relativement niais (tout le monde devient charmant, les maris y compris) m’a semblé sans lien avec le reste du récit.

 « De toute façon je suis persuadée que c’est péché de se rendre malheureuse à force de vertu. Vous avez l’air si triste que vous avez dû être bien vertueuse durant toutes ces années »

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Baby Love**, Joyce Maynard, (10/18, 332 p)

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Difficile de s’immiscer dans les destins croisés de ces jeunes mères d’une petite ville Américaine : les prénoms très similaires, le principe du récit « choral » et leur quotidien ordinaire peuvent lasser.

Pourtant, une fois acclimaté, un vrai charme se dégage.  La banalité de la vie de ces jeunes adultes reproduisant sans réflexion les modèles parentaux, n’enfantant que pour exister, est aussi affligeante que touchante.

Une mention particulière au personnage du meurtrier en cavale qui, par le contraste de ses choix de vie, apporte un vrai sel au récit.

Greg croit à un moment privilégié pour chaque événement, dans l’ordre de de l’univers ; si on ne le saisit pas quand il passe, il ne se représente plus. Carla dit toujours : « je n’aime pas prendre des risques. » Greg, lui, pense qu’on en prend de toute façon. Il s’agit de faire son choix entre les dangers de l’action et les dangers de l’inaction.

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30 octobre 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café*, Agnès Martin-Lugand (Pocket, 187 p)

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Après un début intéressant sur le thème du deuil le récit se transforme en parfaite bluette. Seule l’héroïne, personnage d’emmerdeuse nombriliste tout à fait dans l’air du temps, nous rappelle que nous ne sommes pas dans un livre de Barbara Cartland.

Sinon tout le reste y est : la belle veuve éplorée, la grève Irlandaise battue par les vents (so romantique), le voisin ténébreux et si méchant, la sublime brune montée sur talons aiguilles qui va troubler l’amour naissant… c’est beau, non ?

Réservé exclusivement aux amatrices de romances.

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Betty*, Arnaldur Indridason (Points, 237 p)

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Cette reprise modernisée de la très classique histoire « Le facteur sonne toujours deux fois » risque de décevoir les fans : ne s’y retrouvent ni l’habituel enquêteur Erlendur, ni la peinture en filigrane de la société islandaise à laquelle l’auteur nous avait habitué.

La présentation de l’intrigue dès les premières pages n’aide pas non plus ce roman à décoller malgré une surprise de taille bienvenue en milieu d’ouvrage.

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16 octobre 2015

Guide pratique à l’égard des écrivains qui veulent (très) bien faire sans (trop) se fatiguer – G. Lacotte** (éd.du Rocher, 205p)

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Amusante satyre du système littéraire, l’auteur se moque tout à la fois des auteurs, des lecteurs et des critiques en nous présentant trente recettes « infaillibles » pour trouver le succès.

Recettes adaptées à tous les genres : mémoires, livre politique, roman américain ou bien livre de plage ; conseils aussi bien sur le style et le choix du titre que sur la partie promotion et accueil critique. 

Même si le trait est parfois trop appuyé, l’idée de décortiquer les différents types de récit amuse et de nombreuses remarques font mouche, en particulier dans les rubriques promotion et accueil critique.

Roman de bourreau Nazi

 Incipit :

Ne faites pas dans la légèreté ou l’élégance, envoyez du lourd d’entrée. Un truc du genre : J’ose le dire : j’ai participé au système nazi.

Façon blitzkrieg, quoi !

 Promotion :

(…) Lors de ces mêmes interviews, n’ayez pas peur d’énoncer des vérités creuses du type : « Les nazis étaient des êtres humains. Quand on y repense, c’est même cela qui est effrayant ». Evitez cependant de vous aventurer sur des terrains glissants du type « Heidegger et le nazisme, le nazisme et Heidegger ». Vous risqueriez de dire quelque chose qui serait mal interprété. Si d’aventure on vous pose la question, raclez-vous la gorge et dites simplement que c’est un sujet ô combien épineux.

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07 octobre 2015

Les douze tribus d’Hattie***, Ayana Mathis (éd Gallmeister, 311 p)

Très beau premier roman, simple et puissant. 

Après avoir fui le racisme de la Georgie en 1920, Hattie deviendra mère de douze enfants. Sa vie, semblable à celles de beaucoup d’autres femmes de cette époque, mères italiennes ou irlandaises, est dévoilée en filigrane au travers d’un moment particulier de la vie de ses enfants. On reconstruit ainsi à la fois la personnalité complexe d’Hattie comme les répercussions de l’éducation qu’elle leur a donnée ; ses sacrifices, ses combats, les failles créées par l’absence de tendresse de cette mère qui devait chaque jour trouver de quoi les nourrir et les vêtir.   

Beaucoup de lecteurs pourront retrouver dans ce récit lumineux une part de leur histoire familiale du XXème siècle. 

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09 septembre 2015

Le diable, tout le temps**, Donald Ray Pollock (livre de poche, 403 p)

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Sombre, très sombre. 

Un vrai roman noir américain, emplis de personnages perdus et monstrueux.

Tout serait bon à jeter : les personnages, l’histoire, le livre si tous ces protagonistes ne possédaient leurs propres failles. Ces liens qui les rattachent à d’autres, leurs obsessions, leurs dévouements, éclairent ces destinées humaines misérables et nous les rendent attachants, presque sympathiques. 

Très loin des histoires de tueurs en série, ce récit nous projette sur des gens ordinaires qui ont basculés et chutés, sans espoir de rédemption. 

 Non, le diable n’est pas présent tout le temps dans cet ouvrage qui parle finalement aussi beaucoup d’amour, il semble surtout partout, tapi en chacun de nous. 

Un grand livre que l'on referme avec un certain soulagement. 

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Le peuple du vent***, Viviane Moore (éd 10/18, 273 p)

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Très bonne surprise que ce policier médiéval qui louche gentiment vers le Nom de la Rose tout en restant beaucoup plus abordable.

Un maitre érudit, son élève Tancrède, deux beaux personnages. Un château perdu dans les brumes de Pirou, une intrigue intéressante. Que demander de plus ? 

Cette belle balade chez les seigneurs de la Manche du XIIème m’a donné envie de percer le mystère des origines de Tancrède et de prolonger cette série qui possède 7 tomes.

La suite au prochain épisode….

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