02 septembre 2012

La peau et les os, Georges Hyvernaud*** (Le Dilettante).

Vous l’aurez compris au titre, ce n’est pas très gai. Ce récit autobiographique raconte le retour de l’auteur d’un camp de prisonnier où il a vécut 5 ans pendant la seconde guerre mondiale, et sa vie dans les camps. La grande force de ce livre tient dans la qualité de l’écriture, concise et brute.  Hyvernaud retranscrit avec très peu de mots  les ambiances, les sensations, ces petits rien qui forment la vie. On comprend grâce à lui le décalage insurmontable que créé entre les êtres les expériences traumatisantes, et l’inanité parfois de toute communication. Ce regard lucide, cette écriture maîtrisée font de ce livre une petite pépite.

 A lire les jours où on a le moral, toutefois. Mon préféré d’Hyvernaud

Extrait : « Et maintenant, me voilà réinstallé dans le bonheur. Le bonheur n’est plus cette informe rêverie désespérée. Il a pris son contour précis, ses dimensions exactes. Le voilà présent, pesant, évident, un bonheur épanoui et gras. Qu’est-ce qu’il me faut de plus ? Me voilà réintroduit dans les dimanches, dans les familles, dans les digestions familiales. (…) Un bonheur qui sent la vaseline et le vieux chien... »

 « Parce que votre existence a été éventrée, retournée par l’événement, vous imaginez vaguement que vous aviez droit à du neuf, que vous alliez repartir à zéro. Pas du tout, ça se recolle, ça se retape, c’est comme avant. On ne part pas, on continue. On recommence. On remet ça. On remet va vieille veste, on remet sa vieille vie… »

  

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