12 février 2014

Le rose et le Lys** (Michel Faber, éd. de L’Olivier, 1142 pages)

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C’est avec beaucoup de plaisir que je me suis plongée dans l’ambiance londonienne de la fin XIXème, déjà explorée avec les deux ouvrages ci-dessous. 

La morale anglaise a malheureusement bien peu évolué ; si ces trois livres apportent un éclairage différent sur la place de la femme et de la vertu dans l’époque, leurs conclusions convergent. Malheur à celle qui a failli, et qui en cherchant à s’élever ou à plaire, tombe sous le coup de la morale masculine dominante, étrange ambivalence entre quête du plaisir et déconsidération accordée à celles qui l’ont apporté.  

Dans ce pays en pleine digestion d’une révolution industrielle qui n’a apporté la prospérité qu’à une petite élite, dans cette ville aux quartiers ouvriers sales, surpeuplés, où certaines femmes préfèrent la prostitution aux cadences infernales de l’usine, apparaissent les prémices du XXème siècle. Les inégalités intenables entre classes sociale, entre hommes et femmes, ont déjà fait émerger les idées révolutionnaires de Karl Marx et on devine les prémices de l’émancipation féminine, appuyée par la démocratisation du travail féminin. 

L’histoire de Sugar, jeune prostituée déterminée à se frayer un chemin dans la société anglaise, illustre parfaitement cet ordre social  injuste et moralisateur. Son parcours se lit d’une traite malgré ses 1100 pages et on quitte le livre en regrettant de ne pas pouvoir connaître la suite. Cependant, des trois titres, celui-ci est certainement le plus axé « lecture féminine » et ne plaira pas à tous les lecteurs. La méthode de l’auteur qui consiste à s’adresser directement au lecteur peut dérouter également au début de l’ouvrage.

Posté par liverty à 18:46 - - Commentaires [3] - Permalien [#]