28 mai 2015

La maison du bout du monde ****– Michael Cunningham (domaine étranger 10/18, 425 p)

maison_bout_mondeUn livre au charme très insidieux.

On croit au premier abord avoir affaire à une histoire vaguement caricaturale des années 80 (ce que laisse d’ailleurs penser la 4ème de couverture). Puis on découvre tout un éventail de relations humaines et des personnages d’une grande justesse.

L’analyse de leurs caractères, leurs questionnements sur leurs devenirs, sur le sens qu’ils veulent donner à leurs vies (ou parfois sur l’absence de sens),  tout «l’habillage » du roman crée une résonnance qui lui permet de dépasser le champ de cette histoire particulière pour s’adresser à tous.  

De plus l’écriture très agréable de Cunningham est accessible cette fois-ci, au contraire de son roman « Les heures »,  dont les subtilités ne pouvaient être saisies que par les connaisseurs de l’œuvre de Virginia Woolf.

Une réussite inattendue et un vrai coup de cœur pour cette œuvre que je relirais volontiers.

 « - De tous les êtres sur terre, c’était vraiment lui que tu voulais épouser ? Tu n’as jamais craint de faire une sorte d’erreur à terme, de perdre le fil de ta vraie vie et de partir, je ne sais pas, sur une tangente sans retour ? »

Elle écarta la question d’un geste de la main comme si elle chassait une mouche à moitié endormie mais obstinée. Ses doigts étaient rouge tomate. « Nous ne nous posions pas de questions aussi importantes, dit-elle. N’es-tu pas fatigué de tant penser, t’interroger, planifier ? »

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15 avril 2014

Les heures**, Michael Cunningham, (Pocket, 222 p)

heures

Il faut certainement connaître l’œuvre de Virginia Wolf, et en particulier Mme Dalloway, pour apprécier toutes les subtilités de ce roman-hommage.

Ce n’est pas mon cas, pourtant la structure maîtrisée du récit et la finesse des descriptions des héroïnes  (Virginia Wolf, Mme Dalloway l’héroïne de son livre et Laura  la lectrice de son roman) m’ont imposé le respect.

Difficile cependant de ressentir un véritable élan pour ces trois femmes,  prisonnières de leur mal-être,  perdues dans leurs réflexions sur la mort et le rapport au temps.

Peut-être n'y a-t-il rien, jamais, qui puisse égaler le souvenir d'avoir été jeunes ensemble. Peut-être est-ce aussi simple que cela.

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