28 juillet 2013

La bête contre les murs****, Edward bunker (Rivages/noir, 297 p)

bete_contre_les_mursEdward Bunker, le plus jeune taulard à avoir intégré Saint Quentin (pénitencier connu pour être le plus dur des Etats-Unis),  plusieurs fois récidiviste, nous parle de cette « tendresse essentielle » qu’évoque Romain Gary, cette tendresse qui nous permet de rester humains. Dans son style direct, avec une lucidité et une humanité stupéfiante, il nous montre  l’intérieur de cette machine à broyer les hommes, cette violence impitoyable capable de transformer  les petits délinquants en meurtriers sans scrupules en moins d’un an.

Réalisme, choix du thème, tout concorde dans cette œuvre puissante, âpre, fascinante. Très grand coup de cœur ! Chapeau bas pour cet homme qui a su conserver la part essentielle de son être dans un univers aussi hostile.

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11 mars 2013

Aucune bête aussi féroce*, Edward Bunker (Payot Rivages Noir 443 p)

bete_feroceUn texte qui sonne juste, une qualité d’écriture remarquable au regard du parcours de l’auteur (foyers, maisons de redressement, prisons) dans un style dépouillé et direct, une véritable réflexion sur les causes de la criminalité et sur les difficultés d’éviter la récidive. Les anciennes connaissances, la non-confiance en soi qui incite à reprendre les chemins connus même s’ils mènent à des impasses, l’absence d’aide à la sortie pour les anciens détenus. L’auteur nous dévoile toutes ces vérités qui dérangent et qui sont toujours d’actualité. Voici pour les qualités.

Côté défauts on regrettera la personnalité du héros, brouillon, volontiers geignard et d’une mauvaise foi fatigante. Il est difficile de s’y attacher. Il se plante sur des broutilles (l’oubli des allumettes par exemple), ne suit aucun des conseils qu’il donne (rester discret sur ses futurs coups), se trouve facilement des excuses. Il se veut « homme d’honneur » et aide les femmes de ses amis taulards, mais peut les plonger sans remords dans les ennuis sous prétexte que « les temps durs font les gens durs ». Facile. 

Je l’ai quitté sans regrets, ce qui explique un avis final très mitigé sur ce livre. Je tenterai cependant "La bête contre les murs" du même auteur dont j’apprécie beaucoup l’adaptation cinématographique sous le titre "Animal Factory" avec Edward Furlong et Willem Dafoe.

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